Calendrier 2017

 Les prochains cafés-philos …

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Intervenant
 Est-il normal de vouloir s'affranchir de la norme ?
24/02/2017
Pierre Jean DESSERTINE
 Le pouvoir politique peut-il être moral ?
31/03 /2017
Pierre Jean DESSERTINE
Au Restaurant de La Tour de l'Ho 18 h30
125 Boulevard National, 84400 Apt, 04 90 75 24 82
Email : contact@latourdelho.com,  Site web : http://latourdelho.fr/

31/03 /2017 : Le pouvoir politique peut-il être moral ?


Café philo du pays d'Apt, Luberon : Vendredi 31 mars 2017

Le pouvoir politique peut-il être moral ?

   Le pouvoir politique doit être légal, c’est-à-dire établi selon la loi et agissant conformément à la loi.

   Il doit être tout autant légitime, c’est-à-dire exprimer en son action l’intérêt public.

   Mais là n’est pas encore la moralité. Car on ne dira pas que le pouvoir politique doit être moral. Tout simplement parce que cela ne laisserait pas beaucoup d’espoir de trouver un véritable pouvoir politique dans le monde. En effet, comme le remarquait Machiavel, il y a toujours à peu près la même somme de mal et de bien dans le monde, la seule différence venant du fait « que ce mal et ce bien ne font que parcourir les divers lieux ».

   C’est pourquoi l’action politique doit faire sa part au mal, et qu’il lui apparaît régulièrement légitime de prendre des décisions immorales.

   Pourtant, il faut bien aussi entendre Kant qui montre que la moralité se vit comme « un impératif catégorique », c’est-à-dire comme une obligation de comportement indiscutable. Il s’ensuit que la responsabilité politique peut se vivre difficilement, et d’autant plus si l’on a un sens moral élevé.

   Un bon responsable politique devrait-il être alors dépourvu de sens moral ?

   Ou plutôt ne serait-ce pas le vrai progrès pour l’humanité que de faire évoluer les sociétés de façon à minimiser les contradictions entre la loi morale et la décision d’intérêt public ?

24/02/2017 : Est-il normal de vouloir s'affranchir de la norme ?


Café philo du pays d'Apt, Luberon : Vendredi 24 février 2017

Est-il normal de vouloir s'affranchir de la norme ?

   Très couramment nous émettons des jugements tels : « C’est normal ! », « C’est pas normal ! ». Que disons-nous alors ?

   Il semble que de tels jugements se suffisent à eux-mêmes. Point n’est besoin d’invoquer une quelconque règle écrite pour les justifier. Ils renvoient à la norme, et la norme, contrairement à la règle, ne demande pas à être dite ; c’est comme si elle devait être intuitivement connue de tous. Comme si elle allait de soi.
  
   Et pourtant nous savons combien la normalité peut être relative. N’est-il pas normal de porter secours à l’exilé démuni que l’on trouve sur son chemin ? Mais l’on peut trouver aussi normal de se garder de toute cette misère qui semble nous assiéger.

   Et au-delà de ces conflits de normes, il semble bien que nous ayons volontiers une relation ambivalente à la norme. Tantôt elle semble être une condition de la vie sociale, tantôt un préjugé dont il faut se libérer. Cette ambivalence peut aller jusqu’au paradoxe, comme dans les milieux sociaux où la normalité est de se montrer hors norme.

   Pourquoi la normalité est-elle si investie malgré les confusions qu’elle engendre ?

   L’avènement du monde moderne n’a-t-il pas compliqué le rapport des hommes à la norme ?

   Finalement, que se joue-t-il entre nous, et en nous, par la présence de cette si singulière notion de norme ?

25/11/2016 : Sommes-nous nés ainsi ?


Café philo du pays d'Apt, Luberon : Vendredi 25 novembre 2016

Sommes-nous nés ainsi ?


Dans quelle mesure peut-on invoquer l’inné pour rendre compte de ce que nous sommes ?


   Faut-il dire, comme tel ancien Président de la République, que l’« on naît pédophile », et donc qu’il faut soustraire définitivement à la vie sociale tout individu ainsi diagnostiqué ?

   Ou faut-il dire, avec les militants du mouvement « Gender studies » (études du genre), que la femme, comme l’homme, n’existent pas, que l’identité sexuelle est une construction culturelle, et donc qu’il y a un nombre indéfini d’identités sexuelles possibles ?

   Ne faudrait-il pas plutôt rechercher la vérité dans un juste milieu, dans la reconnaissance d’une part d’inné et d’une part d’acquis en chaque individu ? Mais alors comment déterminer les parts ? Sont-elles d’ailleurs déterminables ? Cela a-t-il même un sens de vouloir les déterminer ?

28/10/2016 : Peut-on agir ?



Café philo du pays d'Apt, Luberon :Vendredi 28 octobre 2016

Peut-on agir ?
Sur le rapport du citoyen à la politique

Lénine et les révolutionnaires d'il y a un siècle se posaient la question :
Que faire ?

Nous n'en sommes plus là. Notre problème serait plutôt : Peut-on agir ? Comment est-il encore possible d'être actif ? Où est l'action aujourd'hui ?

D'un côté un champ d'action clairement ouvert en lequel nos aïeux avaient à s'orienter ; de l'autre une espèce de brume épaisse qui fait douter de l'efficacité de la mise en œuvre de nos facultés dans le monde commun.


Il apparaîtrait ainsi, qu'en un siècle, le centre de gravité du problème pratique – que faire pour bien faire ? – se soit sensiblement déplacé. Ce n'est plus tant la position du but de l'action qui fait question, que la possibilité même de l'agir.


On voit bien que ce déplacement est un recul qui rend le problème de l'action encore plus ardu. Comment comprendre cette manière de redoublement contemporain du problème pratique ?

Une telle compréhension ne pourrait-elle pas contribuer à nous rendre plus lucide sur le problème de l'action ? N'ouvrirait-elle pas quelques perspectives quant à la possibilité d'une action vraiment à mesure humaine ?

 Pierre Jean Dessertine


Lectures :
Spinoza, Traité politique (1677)
Arendt, Qu’est-ce que la politique ? (1956-1959)

Le 23/09/2016 : La joie peut-elle être le guide de notre vie ?



Il fut un temps – pas si lointain – où réussir sa vie consistait à développer sa capacité à renoncer à se satisfaire pour gagner une vie éternelle après la mort. Aujourd’hui, c’est tout le contraire ! On considère qu’a le mieux réussi sa vie celui qui s’est donné les plus grandes capacités à se satisfaire. On est passé d’une société ascétique à une société hédoniste – c’est-à-dire à une société du plaisir. Mais ce mot « plaisir » apparaît alors indéfiniment extensible tant il est utilisé à tout propos pour désigner l’obtention d’un état de satisfaction. Ce qui engendre la plus grande confusion.
Or, peut-on se permettre une telle confusion lorsqu’il s’agit de nommer la valeur cardinale qui est censée orienter notre vie ?
C’est pourquoi notre réflexion va d’abord s’attacher à dégager le sentiment de joie du magma des satisfactions actuellement englobées sous le vocable de plaisir.
Que signifie être joyeux ? N’est-ce pas un sentiment aux caractères très spécifiques et étonnants ? Ne dessine-t-il pas en retour une notion du plaisir précise et cohérente à laquelle il s’oppose ? Que poursuit alors notre société ? La joie ? Le plaisir ?
C’est-à ce stade que la question –  La joie peut-elle être le guide de notre vie ? – prend vraiment sens. Car il apparaît que mettre la joie au pinacle des valeurs implique la vision d’une certaine situation de l’homme dans le monde, vision que l’on voit rigoureusement élaborée dans la philosophie de Spinoza.
En nous appuyant sur cette pensée, peut-être une réflexion sur la joie nous apportera-t-elle un heureux décentrement par rapport aux préoccupations contemporaines ?
* * *
Lectures indicatives :
 Clément Rosset, La force majeure, éd De Minuit, particulièrement pp. 1 à 30.
 B. Spinoza, Éthique, troisième partie.

Pierre-Jean Dessertine